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TCC, EMDR, hypnose, analyse : quelle thérapie choisir ?

On me demande souvent quelle méthode est « la meilleure ». La réponse honnête est moins vendeuse qu'un slogan, mais plus utile : il n'existe pas de formule miracle, et ce qui compte le plus n'est pas toujours l'étiquette de la technique. Voici ce que dit la recherche, méthode par méthode.

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Une question d'abord : pourquoi cette méthode ?

Quand quelqu'un arrive en demandant une méthode précise, j'aime comprendre d'où vient cette idée. Est-ce un article, le conseil d'un proche, une publicité, une vraie conviction après réflexion ? En avons-nous parlé ensemble ? Souvent, le nom de la méthode est moins important que ce qu'on attend d'elle : aller vite, ne pas trop parler, être guidé, ou au contraire prendre le temps de comprendre. Mettre cela au clair change déjà beaucoup de choses.

Le « verdict Dodo » : ce que montre la recherche comparative

Depuis Rosenzweig, puis Luborsky et les travaux de Bruce Wampold, la proximité de certains résultats entre psychothérapies est discutée sous le nom de « verdict du Dodo ». L’image renvoie au personnage d’Alice au pays des merveilles, où tous les participants sont déclarés gagnants. Ce débat a contribué à étudier les facteurs communs, notamment l’alliance thérapeutique. Il ne dispense pas d’examiner les effets propres des méthodes selon les troubles : les différences de protocoles, de populations et de critères de jugement compliquent les comparaisons. Aucune formule générale ne suffit donc à choisir à la place d’une personne.

Cela ne veut pas dire que « tout se vaut » ou que la formation n'a pas d'importance. Cela veut dire que le choix d'un thérapeute sérieux, avec qui un lien de confiance peut se construire, est probablement la décision la plus déterminante.

Les TCC (thérapies cognitivo-comportementales)

Ce qu'elles sont : des thérapies structurées, souvent centrées sur les symptômes actuels, qui travaillent sur les pensées et les comportements à l'aide d'exercices. Ce que dit la recherche : elles disposent d'une base de preuves solide, notamment pour les troubles anxieux (méta-analyses de Hofmann et coll., 2012). C'est une approche utile, en particulier quand une difficulté précise et circonscrite domine le tableau. Les bonnes questions à se poser : est-ce le symptôme seul que je veux traiter, ou aussi comprendre ce qui le nourrit ? Une amélioration rapide tient-elle dans la durée si rien ne change en dessous ? Il n'y a pas de réponse universelle, et c'est légitime de vouloir d'abord soulager.

L'EMDR

Ce qu'elle est : une approche développée pour le psychotraumatisme, associant l'évocation du souvenir traumatique à des stimulations (mouvements oculaires notamment). Ce que dit la recherche : l'EMDR est reconnue, notamment par l'OMS, comme un traitement de choix du trouble de stress post-traumatique. En revanche, un débat scientifique sérieux porte sur le rôle réel des mouvements oculaires : plusieurs études de « démontage » (dès Cahill et coll., 1999) n'ont pas démontré qu'ils ajoutent quelque chose, ce qui conduit beaucoup de chercheurs à penser que l'EMDR agit surtout par l'exposition au souvenir et par des facteurs communs à toute thérapie. Autrement dit : efficace sur le trauma, oui ; mécanisme « spécifique » du mouvement des yeux, beaucoup plus incertain. À questionner : ai-je affaire à un traumatisme caractérisé, pour lequel cette indication est pertinente, ou est-ce un mot à la mode qu'on m'a conseillé ?

L'hypnose

Ce qu'elle est : un état de conscience modifié utilisé à visée thérapeutique. Ce que dit la recherche : le rapport de l'INSERM de 2015 (Gueguen, Barry, Hassler et Falissard) conclut à un intérêt thérapeutique surtout dans l'anesthésie péri-opératoire et le syndrome de l'intestin irritable, mais à des données insuffisantes pour la plupart des autres indications. L'hypnose peut donc être un appoint utile dans des contextes précis, sans constituer une réponse générale aux difficultés psychiques. À se demander : pour quel problème exactement me la propose-t-on, et avec quelle preuve ?

Les thérapies brèves

Ce qu'elles sont : des formats volontairement courts, orientés vers un objectif défini. Elles peuvent rendre de réels services sur des problèmes ciblés et limités dans le temps. La question honnête est celle de la durabilité : un changement obtenu vite tient-il quand la difficulté est ancienne et s'enracine dans l'histoire de la personne ? Parfois oui ; parfois un travail plus long est nécessaire. Promettre la profondeur en quelques séances relève souvent plus de l'argument commercial que de la clinique.

L'approche analytique (la mienne)

Ce qu’elle propose : explorer ce qui se répète, les émotions et les relations, en prenant au sérieux l’histoire et la parole de la personne. Ce que disent les recherches citées : les approches psychodynamiques ont été évaluées dans des essais et des synthèses, notamment Steinert et collègues (2017), Shedler (2010) et Leichsenring et Rabung (2008). Certains résultats sont favorables et certains effets se maintiennent au suivi ; leur portée dépend des indications et des protocoles étudiés. Comprendre et soulager peuvent être deux dimensions d’un même travail. Ni la durée ni l’étiquette analytique ne garantissent que les difficultés ne se reproduiront plus.

Alors, comment choisir ?

Si, après réflexion, vous êtes vraiment convaincu qu'une méthode précise est celle qu'il vous faut, c'est une raison valable : des praticiens compétents la pratiquent, et il est juste d'aller les voir. Mais si vous hésitez, ne laissez pas l'étiquette décider à votre place. Le plus important est de rencontrer un psychologue qui vous paraît sérieux et humain, avec qui vous sentez qu'un travail est possible, indépendamment de la méthode affichée. Vous pouvez d'ailleurs commencer par un premier rendez-vous : on y parle de ce qui vous amène, et on voit ensemble si le courant passe.

Références : Wampold & Imel, The Great Psychotherapy Debate (2015) ; Luborsky et coll. (1975) ; Hofmann et coll. (2012) ; Cahill et coll. (1999) ; INSERM, Évaluation de l'efficacité de la pratique de l'hypnose (2015) ; Steinert et coll., American Journal of Psychiatry (2017) ; Shedler (2010) ; Leichsenring & Rabung, JAMA (2008).

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